Archive for July 21st, 2011

July 21, 2011

Thailand, Sinking: Parts of Bangkok Could Be Underwater in 2030 – Bangkok s’enfonce inexorablement dans la mer

View Original Source:  http://www.time.com/time/world/article/0,8599,2084358,00.html

By Bruno Philip / Le Monde / Worldcrunch Thursday, July 21, 2011

Rain clouds fill the sky over Bangkok, Thailand, 01 July 2011. Narong Sangnak/ EPA

Bangkok s’enfonce inexorablement dans la mer Reportage

View Original Source:  http://abonnes.lemonde.fr/planete/article/2011/07/18/bangkok-s-enfonce-inexorablement-dans-la-mer_1549987_3244.html

LE MONDE | 18 juillet 2011 | Bruno Philip |

Une partie de la mégapole thaïlandaise pourrait être submergée dès 2030. Les autorités tardent à réagir. Jour après jour, Bangkok s’enfonce. Inexorablement. Les experts les plus pessimistes redoutent qu’une partie de la capitale thaïlandaise ne soit submergée dès 2030.

View Original Source:  http://www.temoignages.re/une-megalopole-face-a-l-urgence-de-l-adaptation,50986.html

Jour après jour, Bangkok s’enfonce. Inexorablement. Les experts les plus pessimistes redoutent qu’une partie de la capitale thaïlandaise ne soit submergée dès 2030. Cette perspective sera un défi de plus à relever pour le prochain gouvernement issu des élections du 3 juillet, alors que les spécialistes déplorent l’absence d’une politique susceptible d’empêcher un désastre annoncé. Changements climatiques, élévation du niveau de la mer, érosion du rivage, affaissement des sols argileux… Plusieurs facteurs se combinent pour condamner la grande cité du delta de la rivière Chao Praya, fondée le 21 avril 1782 par le premier souverain de la dynastie des Chakri qui règne toujours aujourd’hui.

Or, la ville ne cesse de gonfler au plan démographique : une dizaine de millions de personnes vivent désormais en ville et dans les faubourgs de cette mégapole. Même le poids des gratte-ciel, qui ne cessent de grimper dans cette cité en perpétuelle transformation, contribue à l’engloutissement progressif de Bangkok. Une grande partie de la mégapole est désormais au-dessous du niveau de la mer alors que les sols s’affaissent de 1,5 à 5,3 centimètres par an. À plus ou moins long terme, plus d’un million d’immeubles, dont 90% sont résidentiels, sont menacés par la montée du niveau de la mer. Lorsque la situation aura vraiment commencé à se dégrader, redoute l’Institut asiatique de technologie, le rez-de-chaussée des bâtiments pourrait baigner dans un marécage d’une dizaine de centimètres d’eau pendant une partie de l’année.
Dans le port de Samunt Prakan, situé à une quinzaine de kilomètres de Bangkok, les habitants des résidences pavillonnaires bâties le long de la rivière vivent déjà les pieds dans l’eau, certains mois.
Un rapport publié conjointement par la Banque mondiale, la Banque de développement asiatique et l’Agence de coopération japonaise pour le développement a placé Bangkok dans la liste des villes menacées par le changement climatique.

20 ans pour agir

Jan Bojo, expert de la Banque mondiale dans la capitale thaïe, explique que l’une des raisons du naufrage de Bangkok est le « pompage abusif » des nappes phréatiques. Les experts ne sont cependant pas tous d’accord entre eux, même si tous conviennent que la situation va empirer ces prochaines années. Smith Dharmasaroja, responsable du Centre national de prévention des désastres naturels, prédit qu’en 2100 Bangkok sera une nouvelle “Atlantide”. Pour pessimistes qu’elles soient, les analyses de ce météorologue sont tenues pour crédibles, car, dans les années 1990, il avait prévu le terrible tsunami qui ravagea en décembre 2004 les pays de l’océan Indien.
M. Dharmasaroja affirme qu’au plan gouvernemental, « aucune décision n’a été prise » pour enrayer le phénomène. « Et si rien n’est fait, tranche-t-il, Bangkok pourrait être inondée dès 2030 ».

L’une des solutions qu’il propose est de construire une gigantesque série de digues le long du golfe de Siam, un projet estimé à plus de 2 milliards d’euros. Il appelle à commencer les travaux au plus vite. Sinon il sera trop tard pour enrayer l’enchaînement inexorable des causes de la catastrophe à venir.

Anond Snidvongs, un océanographe spécialiste de l’impact du changement climatique en Asie du Sud-Est, est plus mesuré dans ses jugements.
« Personne ne peut prédire combien de temps cela prendra pour que Bangkok soit inondée et comment ce processus évoluera », dit-il. Le scientifique estime que la construction de grandes digues serait inutile. « L’évaluation du niveau de la mer n’est pas si importante que cela et le changement climatique ne joue qu’un rôle relativement mineur — environ 20% selon lui — dans le scénario en cours ».
« II ne sert à rien, insiste-t-il, de tenter de préserver le rivage qui s’érode au rythme de 3 à 4 centimètres par an : c’est sans espoir. En revanche, il existe bien d’autres moyens de combattre les inondations, comme, par exemple, une meilleure gestion des terrains à bâtir en ville ».

L’urbaniste Niramon Kulsri-sombat, enseignante au département d’architecture de la prestigieuse université Chulalongkorn, confirme que « les inondations ont toujours été un phénomène naturel, puisque Bangkok est bâtie sur des terrains boueux situés à 1,50 mètre au-dessus du niveau de la mer ».

Un million d’immeubles menacés

Auparavant, de nombreux “khlongs” (canaux), potagers et champs absorbaient les inondations. Mais au cours du récent processus d’urbanisation, de nombreux immeubles ont été construits sur des terres qui permettaient auparavant à l’eau de s’écouler.

« Les efforts du gouvernement qui ont consisté à ériger des barrages de 2,8 mètres de hauteur le long de certaines parties du Chao Praya, analyse Niramon Kulsrisombat, n’ont fait que détruire un peu plus l’aspect traditionnel d’une ville où l’on vivait sur l’eau dans des maisons sur pilotis… »

Anond Snidvongs estime que la coordination des mesures prises au niveau politique sera la clef de la sauvegarde de la ville.
À plus ou moins long terme, plus d’un million d’immeubles, dont 90% sont résidentiels, sont menacés par la montée des eaux . « La question n’est pas essentiellement technique ou budgétaire. Il faut également que les spécialistes accordent leurs violons pour donner des chiffres précis susceptibles de dresser un tableau cohérent de ce que réserve l’avenir ».
En clair, les scientifiques qui scrutent Bangkok jour après jour doivent affiner leur diagnostic pour mieux préparer le sauvetage de la capitale de la Thaïlande.

Bruno Philip


This post is in partnership with Worldcrunch, a new global-news site that translates stories of note in foreign languages into English. The article below was originally published in Le Monde

BANGKOK — Day after day, Bangkok sinks. Inexorably. The most pessimistic experts are afraid part of Thailand’s capital will be submerged by 2030. Specialists complain about the absence of any policy in place to prevent a disaster that seems bound to occur.

This looming natural disaster risk will be a central challenge for the new government arriving after the July 3 elections. Climate change, rising sea level, coastal erosion: a variety of converging factors could lead to the end of the biggest city of the Chao Praya river delta, originally built up after a commitment on April 21, 1782 by the first sovereign of the Chakri dynasty. The family still reigns today. (Special: Top 10 Historic U.S. Floods)

The city continues to multiply demographically: some 10 million people now live in the center or in the suburbs of this megalopolis. Even the weight of the skyscrapers contributes to the progressive engulfing of Bangkok. The soils descend from 1.5 to 5.3 cm each year, and a big part of the megalopolis is already under sea level.

Sooner or later, the rising sea level will threaten more that 1 million buildings, 90% of which are residential. In the Samunt Prakan harbor, about 15 kilometers away from Bangkok, the suburban houses along the river are already flooded certain months of the year. In a report published by the World Bank, the Asian Development Bank and the Japan International Cooperation Agency, Bangkok appears on the list of the cities threatened by climate change.

Jan Bojo, a World Bank expert in the Thai capital, says one of the reasons Bangkok is sinking is the abusive pumping of ground waters. But even if they all agree that the situation will get worse within the next few years, experts differ on the causes. Smith Dharmasaroja, head of the National Center for the Prevention of Natural Disasters, predicts that in 2100, Bangkok will have become a new “Atlantis.” This meteorologist’s analysis, as pessimistic as it may sound, is considered credible. In the 1990s he correctly forecast the devastating December 2004 tsunami.

Mr Dharmasaroja claims that the government “has taken no decision yet” to stop the phenomenon. “If nothing is done, Bangkok could be entirely flooded by 2030.” One solution he proposed consists in building a huge series of sea walls along the Siam gulf, a project that would cost about 2 billion euros.

Anond Snidyongs, an oceanographer specialized in the impact of climate change in Southeast Asia, is more cautious. He says that: “no one can predict how long it will take for Bangkok to be flooded and how the process will evolve.” (Special: Six Fabulous Cities)

Snidyongs thinks the construction of sea walls would be useless. “It is no use trying to prevent coastal erosion from happening. The shore diminishes 3 to 4 cm each year: it’s hopeless,” says the scientist. “On the other hand, there are many other ways to fight the floods, like, for example, better management of urban building land.”

Niramon Kulsrisombat is a town planner and teacher at the architecture department of the prestigious University of Chulalongkorn. She confirms that “floods have always been a natural phenomenon considering that Bangkok is built on muddy soils, only 1.5 meters above sea level.”

But before, many “khlongs” (irrigation canals), vegetable gardens and fields absorbed the floods. During the recent urbanization process, many buildings have been built on lands that used to allow the water to drain.

Anond Snidvongs believes the coordination of the different measures will be key to protecting the city: “We must absolutely reach a consensus so that the millions of people who, sooner or later, will be directly affected by the floods, agree on the solutions. This issue is not exclusively a question of techniques or money. We also need the specialists to get their story straight, and to give precise figures that would help imagine what the future might look like.”

They can only hope that it is a future where Bangkok is not destined to be the next Atlantis.

Advertisements
%d bloggers like this: